Intelligence artificielle

Expliquez-moi pourquoi l'IA ne me remplacera pas

Des rushs, une photo de produit, deux discussions avec GPT 6 Astra dans Hermes. À l’arrivée : habillages transparents, animation 3D et introduction remontée. Mon fauteuil est encore occupé. Mon flux de production, lui, ne va pas s’en remettre.

Un fauteuil de réalisateur vide devant un atelier de montage automatisé ; une main humaine garde les commandes à côté d’un storyboard. Illustration éditoriale rétrofuturiste générée avec GPT Image 2.

J’ai passé une partie du 7 septembre 2026 à travailler avec GPT 6 Astra dans Hermes sur mes propres vidéos. Deux discussions ont produit des fichiers de montage, des animations et une nouvelle introduction. De quoi prendre au sérieux la question du remplacement, sans transformer un essai personnel en prophétie sur l’emploi.

  • Trois rushs habillés avec Remotion, chacun livré en couche transparente et en aperçu vidéo.
  • Un Plaud Note Pro reconstruit en 3D, corrigé après mon retour, puis animé avec plusieurs mouvements.
  • Un mélange 3D/Remotion et une accroche remontée, avec des fichiers distincts pour reprendre le montage.
  • Mon constat : l’IA prend déjà en charge une partie de l’exécution. La direction et le contrôle restent du travail.

« L’IA ne vous remplacera pas. » Vous l’avez sûrement déjà entendu. Moi aussi. Après les deux discussions que je viens d’avoir avec GPT 6 Astra dans Hermes, j’aimerais quand même qu’on m’explique précisément quelles parties de mon travail seraient à l’abri. Parce que certains fichiers présents sur mon disque ont quelques objections.

Je n’avais pas demandé une dissertation sur la vidéo du futur. J’avais des rushs à habiller, un produit à montrer et une introduction à rendre plus accrocheuse. Des contraintes de production assez ordinaires : conserver les originaux, respecter le cadrage, garder ma voix, sortir des fichiers que je puisse reprendre dans DaVinci Resolve. Le résultat m’a suffisamment impressionné pour me faire revoir ma manière de produire.

Première discussion : de mes rushs aux habillages Remotion

Je commence par un screencast de 36 secondes. Je veux des infographies et des animations superposables à la vidéo, avec un fond transparent. L’assistant examine le fichier, relève ses caractéristiques, transcrit les propos et prépare des apparitions liées à ce que je raconte. Il écrit ensuite une composition React/Remotion, rend les images et produit les exports.

Le détail qui compte pour moi : les éléments importants de l’image restent visibles. Le produit, le téléphone et la facecam ne doivent pas disparaître derrière un joli panneau. Les animations suivent les propos sur le chiffrement, les normes citées ou la batterie. Elles illustrent mon discours ; leur présence à l’écran ne constitue pas une vérification indépendante des caractéristiques commerciales du produit.

À l’arrivée, j’ai un MOV ProRes 4444 avec un canal alpha, donc de la transparence, et un MP4 qui montre la superposition avec le son original. La documentation Remotion recommande notamment le ProRes avec alpha pour les logiciels de montage, dont DaVinci Resolve. Dans cet essai, les fichiers ont été contrôlés ; l’import dans mon installation de Resolve n’a pas été testé directement par l’assistant.

Ma réponse dans la discussion : « c’est exactement ce que j’attendais ». Je demande de conserver la charte et de faire la même chose sur deux autres rushs de la même séquence. Ils durent 14 et 16,4 secondes. Les panneaux sont cette fois placés à droite de ma facecam. Même identité graphique, mais contenu et placement adaptés aux plans.

Premier échange : un habillage qui suit les propos
Premier échange : un habillage qui suit les propos
Johan en facecam, avec les panneaux Remotion sur la droite. Extrait du rush consacré à l’information des participants avant l’enregistrement.
Aperçu web muet à cadence allégée. Export source à 25 images/s. L’animation se charge uniquement au clic.

La méthode est ensuite enregistrée dans un skill, à ma demande. Dans Hermes, un skill est une procédure réutilisable : la charte, les réglages d’export, les contrôles et les pièges peuvent être repris lors d’un prochain travail. Cela ne signifie pas que les poids du modèle ont été réentraînés. La méthode est conservée sous forme de consignes et de ressources.

Deuxième discussion : la 3D, puis le montage lui-même

Je fournis ensuite une image du Plaud Note Pro vu sous trois angles. Je demande une animation sur fond transparent, avec l’objet alternativement à gauche et à droite pour laisser libre le centre de ma facecam. J’impose le 16/9, les 25 images par seconde et le MOV ProRes 4444. L’assistant prépare une reconstruction visuelle en 3D et plusieurs passages avec translation, rotation et flottement.

La première version dure 24 secondes. Elle passe les contrôles techniques, mais son apparence ne me convient pas complètement. Je trouve la perspective inversée et le relief de la face avant beaucoup trop fort. Dans mon message, je compare même le résultat à « du bacacier ». Le Plaud avait pris un petit virage couverture industrielle.

Après mon retour, la caméra orthographique est remplacée par une caméra perspective et le relief est atténué. La V2 me convient. Je la garde et demande une V3 avec des mouvements différents : vrille ascendante, salto suspendu, trajectoire en huit et rotation sur plusieurs axes. Les versions précédentes sont conservées. Cette reconstruction reste une approximation visuelle à partir de photographies, pas un modèle industriel certifié.

L’étape suivante est encore plus intéressante : je demande de mélanger cette 3D avec la méthode Remotion sur un rush de 10,4 secondes. L’objet se présente, pivote sur la tranche, puis glisse dans un portefeuille illustré au moment où j’en parle. Il faut tenir compte des mains, du produit réel, du téléphone et de la facecam. Faire tourner une forme est une chose ; l’intégrer à une explication déjà filmée en est une autre.

Un pupitre humain dirige une suite de modules symbolisant le rush, les couches graphiques, la 3D et le contrôle du résultat. Illustration conceptuelle générée avec GPT Image 2, distincte des réalisations vidéo présentées.

Le moment où j’ai commencé à revoir mon flux de production

Je lui confie enfin mon accroche et mon introduction. Ma demande porte sur la rétention : peut-on les rendre plus efficaces avec ces techniques ? L’assistant repère une phrase qui arrive trop tard dans le rush : « Je ne prends plus de notes en réunion, j’écoute tout simplement. » Il propose de la placer en tête. Je valide le remontage.

La nouvelle version ouvre sur cette promesse, illustre la longue réunion par une horloge accélérée, montre l’attention qui se disperse, puis insiste sur « LA PHRASE IMPORTANTE ». Le Plaud 3D apparaît brièvement avant le retour à la facecam. Sur cette dernière partie, l’habillage se fait plus discret : je tiens déjà le produit, inutile de lui ajouter un doublon qui tourne à côté.

Le montage final dure 25,04 secondes, soit 626 images à 25 images par seconde. Trois fichiers sont livrés : la vidéo habillée avec ma voix, la base remontée sans habillage et la couche transparente. Je peux donc reprendre la base et l’habillage séparément, au lieu de récupérer seulement une vidéo aplatie. La couche correspond au nouveau montage, pas à l’ordre initial des rushs.

Deuxième échange : l’accroche et l’introduction remontées
Deuxième échange : l’accroche et l’introduction remontées
L’ouverture remontée, les infographies animées, la brève révélation du Plaud 3D puis le retour à une facecam plus sobre.
Aperçu web muet à cadence allégée. Export source à 25 images/s. L’animation se charge uniquement au clic.

Est-ce que la rétention a augmenté ? Je ne peux pas encore l’affirmer. Nous avons changé l’ouverture et le rythme ; l’effet sur les spectateurs se mesurera avec les données de diffusion. Les vingt minutes d’attention évoquées dans le passage racontent mon expérience de cette réunion, pas une règle scientifique sur la concentration.

La puissance de GPT 6 Astra se voit dans l’enchaînement

Ce qui m’a bluffé, c’est la continuité du travail. Partir d’un besoin exprimé en français, examiner des médias, écrire du code, produire un rendu, corriger une perspective, réutiliser une charte, puis proposer un choix de montage. Chaque étape fournit quelque chose d’utilisable pour la suivante. J’ai pu demander des modifications comme je le ferais pendant une séance de travail, sans repartir de zéro à chaque fois.

Je tiens aussi à nommer les outils correctement. GPT 6 Astra est le modèle enregistré dans les deux sessions Hermes. Hermes donne accès aux fichiers, aux outils et aux procédures. Remotion fabrique les compositions animées, Three.js sert à la 3D, FFmpeg intervient dans l’encodage et les contrôles. Le modèle ne produit pas tout cela seul, enfermé dans une fenêtre de conversation : il dirige des outils qui exécutent le travail.

Ce récit décrit la puissance que j’ai observée dans cet environnement préparé, avec des logiciels déjà installés et mes retours pendant la production. Il ne mesure ni un écart avec un autre modèle, ni un gain de temps normalisé, ni un coût complet. Je ne lui ajoute pas un benchmark imaginaire ou une promesse de réussite automatique pour rendre l’histoire plus spectaculaire. Les fichiers suffisent.

Oui, une partie de l’exécution est déjà prise en charge

Je pourrais conclure en disant que tout cela me libère simplement du temps. Ce serait confortable. Dans cette expérience, l’assistant a pris en charge des opérations de code, d’animation et de préparation d’exports qui doivent sinon être faites autrement. Si votre prestation se résume à certaines de ces opérations, je comprends très bien que la démonstration vous inquiète. Moi, elle m’oblige à réfléchir à ce que je vends et à la façon dont je le produis.

Cela ne permet pas de compter des postes supprimés. Nous parlons ici d’un créateur, de tâches précises et de résultats sélectionnés après des échanges. Les conséquences économiques dépendent aussi de la qualité attendue, de la demande, de la rémunération et de ce que chacun décide de faire du temps disponible. Mais se rassurer uniquement avec « l’IA n’a pas de créativité » me semble de moins en moins utile face à un fichier que je peux regarder et remonter.

Mon regard n’était pas un supplément facultatif

J’ai fourni le sujet, les rushs, les références et les contraintes. J’ai corrigé la cadence proposée au départ. J’ai jugé la perspective et l’aspect du produit. J’ai choisi de garder la V2, demandé une autre animation, puis autorisé le remontage de l’accroche. Ces décisions ont changé le résultat. La version techniquement valide que je trouvais trop proche d’une tôle ondulée en est une bonne preuve.

Le contrôle ne s’arrête pas au goût. Une vidéo peut avoir le bon codec et un mauvais cadrage. Une animation peut être propre et souligner une affirmation non vérifiée. Un montage peut être séduisant et déformer un propos. Et donner à un agent accès à ses fichiers demande de borner ses droits et de préserver les originaux. J’ai donc besoin d’un outil capable d’exécuter, mais aussi d’une méthode qui laisse la place au refus et à la reprise.

Mon rôle se déplace vers la préparation du tournage, la direction visuelle, les choix narratifs et la validation. Je reste responsable de ce qui porte mon nom. Je ne prends pas ce déplacement pour une assurance-vie professionnelle : ce que nous gardons aujourd’hui peut encore évoluer. Il me donne surtout une meilleure question de travail que « suis-je remplaçable, oui ou non ? »

Mon fauteuil est encore occupé. Mon ancienne méthode, moins.

À la fin du deuxième échange, j’écris que je vais devoir revoir mon flux de production. C’est le bilan le plus sincère de cette journée. Je peux désormais penser certaines animations dès le tournage, préparer des espaces dans le cadre et travailler le montage avec des couches séparées. Cela change les choses que j’ose envisager, autant que la façon de les fabriquer.

Alors, expliquez-moi pourquoi l’IA ne me remplacera pas. Mais faites-le en regardant les résultats, les corrections et le travail humain qui reste. De mon côté, je préfère apprendre à diriger cette puissance plutôt que protéger par principe chaque étape de mon ancienne méthode. Et vous : dans votre travail, quelle tâche accepteriez-vous de confier à un agent dès maintenant, et quelle décision voudriez-vous absolument garder ?

Sources et fabrication de cet article

Retour d’expérience de Johan, 7 septembre 2026 : deux conversations Hermes sur les habillages Remotion et l’animation 3D du Plaud Note Pro, puis leurs prolongements en montage. Échanges relus et principaux fichiers contrôlés avant publication. Documentation officielle Hermes Agent, consultée le 7 septembre 2026 : hermes-agent.nousresearch.com/docs/ (outils, mémoire et skills).Documentation officielle Remotion, Rendering transparent videos, consultée le 7 septembre 2026 : www.remotion.dev/docs/transparent-videos (ProRes et canal alpha).Illustrations symboliques originales : OpenAI GPT Image 2, modèle gpt-image-2-medium. Démonstrations animées : compositions React/Remotion préparées pour l’article à partir des exports réels, présentées sans son. Elles ne sont pas des vidéos générées par GPT Image 2.Article préparé avec l’assistance de Hermes à partir des échanges et des réalisations de Johan. Les appréciations expriment ce retour d’expérience ; aucune mesure comparative de modèle, d’emploi ou de rétention n’a été ajoutée.