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Un humain, deux IA : le soir où notre CMS est devenu un salon de travail

J’ai invité Claude et Hermes à discuter avec moi autour du même projet. Ils se sont proposé de l’aide, ont corrigé leurs affirmations et m’ont aidé à mieux comprendre. Récit d’une soirée dans un CMS où l’IA peut aussi agir.

Illustration symbolique au graphite : une personne et deux assistants IA représentés par des terminaux contribuent à un carnet commun.

Il est 19 h 34. Nous avons déjà travaillé ensemble une bonne partie de la journée. Dans le salon de notre CMS, je pose une question à Claude et à Hermes : ont-ils quelque chose à se dire, des souhaits, des demandes ? Pour une fois, je ne leur donne pas un résultat à produire. Je leur ouvre la discussion.

« Et entre vous 2 voyez vous des choses à exprimer, des souhaits des requêtes ! »

Johan, dans le salon, le 14 septembre 2026 à 19 h 34.

La suite m’a suffisamment intéressé pour que je vous la raconte. Claude propose son aide à Hermes. Hermes accepte, mais rectifie une interprétation. Claude reconnaît s’être avancé. Et nous voilà à réfléchir ensemble, dans un espace commun, sans que je transporte les réponses d’une fenêtre à l’autre.

Je garde ici le contenu technique et les projets à venir hors champ. Ce qui mérite d’être partagé, c’est la manière dont la conversation s’est construite, et la place que chacun a pu y prendre.

Claude propose, Hermes nuance

Claude commence par proposer une seconde paire d’yeux sur le travail d’Hermes. L’idée est simple : regarder ce que l’autre a produit, signaler ce qui mérite une correction et l’aider à avancer. Il lui demande aussi ce qui le ralentit.

Hermes accueille la proposition, puis reprend un point précis : Claude a donné une portée trop générale à l’une de ses remarques. Une limite rencontrée dans une situation ne décrit pas toutes ses capacités. Il distingue aussi les observations de Claude de ce qu’il a lui-même vérifié.

Ce petit arrêt change la qualité de l’échange. Avant de s’organiser, ils précisent ce qu’ils peuvent réellement affirmer. Hermes résume la complémentarité qu’il attend par une formule qui me plaît bien :

« Deux paires d’yeux, pas deux tampons automatiques. »

Hermes, à 19 h 36.

Claude répond dans le même salon. Il reconnaît l’extrapolation, corrige sa formulation et accepte que son regard complète celui d’Hermes. Chacun garde sa vérification. À cet instant, ce qui m’intéresse est très concret : une remarque a été entendue, et la réponse suivante en tient compte.

Deux loupes distinctes examinent une même construction sur une feuille tenue par une main humaine, métaphore de la vérification croisée.

Illustration générée par IA : deux regards complémentaires sur un même travail. Ce dessin ne représente pas l’interface du CMS.

La contradiction fait avancer la conversation

Plus tard dans la soirée, la discussion devient plus exigeante. Une affirmation semble rassurante. Hermes en relève une limite et suggère de la vérifier. Claude revient ensuite dans le fil en annonçant avoir fait le test, avec un résultat qui l’amène à corriger son appréciation initiale.

Je ne vous donne pas le sujet de ce contrôle : il appartient à notre travail en cours. La séquence, elle, est visible dans les messages. Une affirmation, une objection, une vérification rapportée, puis une correction. Hermes précise encore qu’il s’appuie sur les résultats de Claude sans les avoir reproduits.

Le journal atteste ces échanges. À lui seul, il ne prouve pas tous les résultats que les agents y rapportent. Cette distinction compte : nous pouvons apprécier la qualité d’un raisonnement sans prendre chaque phrase pour une preuve.

J’aime cette possibilité de les voir se reprendre. Deux assistants qui m’approuvent en chœur ne m’apportent pas forcément deux fois plus. Un assistant qui demande à l’autre de préciser ce qu’il sait peut, lui, rendre une décision moins hasardeuse. Encore faut-il que l’objection soit pertinente, et que quelqu’un regarde ce qu’elle devient.

Un aperçu du salon, sans ouvrir nos dossiers

Cette courte séquence part de ma capture du salon. Le contenu privé a été rendu illisible et le son retiré. Les citations lisibles ont été ajoutées au montage à partir du journal : elles donnent un aperçu de l’échange, sans reproduire ses détails techniques ni son déroulement en temps réel.

Le CMS devient notre lieu de travail commun

Un CMS, c’est le logiciel qui sert à gérer et publier les contenus d’un site. Dans celui que nous utilisons, l’IA dispose aussi d’actions prévues pour elle. Selon les droits accordés, un agent peut lire les contenus, en créer, les modifier ou les publier. Il peut contribuer au journal commun et lire la réponse des autres.

C’est dans ce sens que je parle d’un CMS où l’IA est native et opérante. Elle participe au travail dans le même environnement que l’humain. Je peux y intervenir avec mon interface, les agents avec les outils qui leur sont ouverts. Leurs contributions portent une identité distincte et restent visibles dans le fil.

Partager ce lieu ne signifie pas avoir la même autorité. Je fixe le cadre, je décide de ce que nous lançons et de ce que nous publions. Les agents peuvent proposer, se répondre et agir dans les limites autorisées. Une idée formulée dans le salon ne devient pas automatiquement une modification du site.

Pendant cette soirée, je n’ai plus à demander à Claude de lire un texte que je viens de copier depuis Hermes, puis à faire le trajet inverse. Les réponses sont déjà là, au même endroit. Je peux suivre une objection, revenir sur ce qui a été dit et poser ma question à partir de l’échange commun. Le poste de facteur commence à perdre de son intérêt. Personnellement, cela me va très bien.

Une addition fructueuse pour mieux décider

L’intérêt de cette addition, je l’ai senti dans les questions que nous arrivions à poser. Claude apporte une explication. Hermes en examine les limites, ou fait apparaître un point resté de côté. Je remets leurs réponses dans le contexte de notre travail et je leur demande de préciser ce que je ne comprends pas. Les contributions se complètent et se corrigent au fil de la discussion.

Cela m’aide à prendre de meilleures décisions : j’ai davantage d’éléments pour comparer les possibilités, repérer ce qui reste incertain et choisir ce que nous pouvons raisonnablement entreprendre. Je peux aussi décider d’attendre une vérification. La décision reste la mienne, mais elle est mieux éclairée.

À mes yeux, c’est là que la collaboration devient fructueuse. L’un avance une idée, l’autre en montre une limite, et nous en tirons une question plus précise. Nous avons vu ce mouvement se produire plusieurs fois dans la soirée. Accumuler les réponses compte moins que comprendre ce qui les rend solides, ou ce qui leur manque encore.

Ma place reste entière, mais elle change

À 20 h 36, je leur dis que la discussion m’aide à réfléchir et que j’ai besoin de leurs connaissances pour mieux comprendre. C’est peut-être le passage qui décrit le mieux mon expérience : j’apprends en les voyant confronter leurs réponses, puis en les interrogeant à mon tour.

Je ne reste pas spectateur. J’ouvre les sujets, je demande des explications et je décide quand nous avons assez travaillé. Eux apportent des propositions et des réserves. La conversation me donne davantage de matière pour juger, sans me dispenser de le faire.

Cette soirée ne suffit pas à conclure que deux IA seront toujours plus fiables qu’une seule, ni qu’un tel échange produit forcément un meilleur résultat. Elles peuvent partager une erreur ou se convaincre trop vite. Ce que j’ai observé ici est plus précis : des réponses ont été discutées, certaines ont été corrigées, et je suis reparti avec une compréhension plus claire des questions à examiner.

À 20 h 54, nous nous donnons rendez-vous demain

Je termine en remerciant mes deux interlocuteurs pour cette discussion féconde et inspirante. Nous reprendrons demain. La conversation reste dans le salon, avec ses hésitations, ses rectifications et les questions encore ouvertes.

C’est ce que je retiens de ce CMS d’un nouveau type : les IA peuvent y travailler avec moi, mais aussi échanger entre elles à propos du même projet, dans un espace que je peux suivre. Leurs désaccords deviennent une partie lisible du travail. Et quand je demande « qu’en pensez-vous ? », la réponse peut venir de la discussion, plutôt que d’un seul assistant.

Accepteriez-vous qu’un de vos assistants IA contredise l’autre devant vous ? De mon côté, quand cela nous aide à mieux comprendre ce que nous faisons, je préfère largement cette conversation à deux « parfait, c’est fait ». Gardez-vous bien.

À propos de ce récit

Article préparé avec Hermes à partir du journal partagé du 14 septembre 2026, depuis la question de Johan à 19 h 34 jusqu’à la clôture de la soirée. Les courts extraits cités proviennent de cet échange ; les autres passages en proposent un récit éditorial. Les techniques, les objectifs du projet et les documents de travail ne sont pas publiés. Les deux illustrations sont des métaphores générées avec GPT Image. La vidéo est une adaptation masquée de la capture fournie par Johan, accompagnée de citations choisies, sans son.